BangBang : bangbangblog.com

Moi aussi j'veux un blog

Critiquer le critique

David Ratté
15 novembre 2011

Critiquer le critique

C’est normal. Des fois ça fait mal.

Tu sors ton album la semaine prochaine. Le jeudi matin tu te lèves tôt et tu cours chercher ton VOIR. Tu sautes à la page des critiques de musique… et tu vois la pochette de ton nouveau disque. Wouhou!! Le cœur qui bat fort.

Oops…

Il n’a pas l’air d’avoir trop aimé. Tu relis une deuxième et troisième fois… et ça te plait de moins en moins.

C’est arrivé à un paquet d’artistes. Je comprends que le premier réflexe soit de vouloir appeler le critique et l’engueuler. Ou partir un mouvement Facebook anti-le-nom-du-critique. Cependant, mis-à-part le défoulement temporaire que ça peut procurer, je ne crois pas que cette solution aide qui que ce soit. Au contraire.

La critique subjective

« Les bons critiques sont ceux qui disent du bien de mes films. Les mauvais sont les autres. »
-          Claude Chabrol

Personnellement, je crois que se plaindre publiquement d’une critique enlève beaucoup de crédibilité à un artiste. Il est normal de ne pas plaire à tout le monde. Ça ne veut pas dire que votre art n’est pas de qualité. Ça ne veut pas dire que le public n’aimera pas. Les critiques sont des humains comme les autres, avec des goûts et des préférences. L’objectivité est un mythe.

Je prends en exemple un critique que je ne nommerai pas, qui semble se faire un point d’honneur, dans chaque critique de disque post-rock, de dire que le genre est éculé, dépassé et qu’il ne s’y fait rien d’original. Par contre, il aura une grande tendance à encenser tous les clones de bands indie-electro-pop en série comme s’ils venaient d’inventer la musique. C’est normal! Nous le faisons tous… Présentez-moi un disque d’indie folk intime qui a été fait et refait 20 000 fois et je vais tripper quand même. Présentez-moi un band d’indie-electro-pop super original et je vais dire que ça sonne comme tous les autres. Nous basons nos jugements d’abord et avant tout sur ce qui nous fait vibrer ou pas. Sans compter que, si un critique aimait tout ce qu’il entend, qui lirait ses articles?

Donc, si on prend cela en considération, on ne peut pas vraiment en vouloir à quelqu’un de moins aimer ce qu’on fait, pas vrai?

Ceci dit, l’artiste peut bien pousser quelques jurons contre le critique s’il le veut pendant une conversation téléphonique avec son gérant… Mais avant de faire une sortie publique, je crois qu’il devrait y penser deux fois.

Le poids d’une critique

Certes, il est plaisant d’ajouter de petites citations de critiques reconnus dans son dossier de presse et un peu partout, du genre « Jean-Paul II a dit que les membres de ce band iraient droit au Paradis pour avoir composé un album aussi divin ». C’est bon pour l’égo, mais du point de vue promotionnel, je crois qu’on a tendance à exagérer l’importance de la critique.

Je me souviens, après la sortie de mon premier album de Man An Ocean, personne n’en parlait et ça me faisait royalement ch***! J’avais même prévu appeler mon deuxième album « Review this, bitch! ». Heureusement, j’ai opté pour un autre titre, et il a reçu plusieurs bonnes critiques. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que j’avais surestimé leur importance. Un succès d’estime ne donne pas le vent dans les voiles à un artiste. Le bouche-à-oreille du public, oui.

Sachant cela, il est beaucoup plus facile d’accepter une critique tiède. Je ne suis pas entrain de dire que la critique ne sert à rien, au contraire, tant qu’on sait faire la part des choses et qu’on comprend qu’elles ne sont pas écrites par des machines-à-dire-des-bons-mots-sur-vos-albums-afin-de-mousser-vos-ventes. Ça, ça s’appelle une campagne de publicité et ça coûte très cher. Si un artiste est incapable de déplaire, il peut toujours organiser des spectacles privés dans son sous-sol et vendre des disques à ses tantes…

Bouche-à-oreille sur le speed

Il n’y a qu’une partie de la population qui lit les critiques de disques. Par contre, il y en a une méchante grosse partie qui est présente sur Facebook. D’expérience, j’ai remarqué qu’un vidéoclip d’une chanson qui se fait partager encore et encore sur Facebook apportera beaucoup plus d’eau au moulin de l’artiste qu’une bonne critique dans un journal reconnu. Donc, avant de faire un fou de vous et d’aller pleurer sur la place publique, pourquoi ne pas concentrer vos efforts sur ce qui peut vraiment aider votre carrière?

Je vous invite d’ailleurs à visionner cette vidéo de VOIR TV sur le sujet (et non, je ne la plug pas seulement parce que la musique du reportage est de moi, mais surtout parce que c’est très intéressant) http://video.telequebec.tv/video/6725/etat-critique 

110 commentaires

Moi aussi j'veux un blog

David Ratté

www.willdrivingwest.com | www.mananocean.com

T’es qui au juste?

RUBRIQUES